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Analyse du reporting carbone du secteur financier européen

Photo du rédacteur: Rédaction Axylia
Rédaction Axylia
il y a 1 jour
4 min de lecture

82 institutions financières - banques, assureurs et sociétés de gestion -

passées au crible de la norme PCAF®


Les émissions de CO2 d’une institution financière ne se trouvent jamais dans ses bureaux : 99% se concentrent dans les activités qu’elle finance, facilite ou assure. Ce sont les émissions financées, autrement appelées scope 3. Alors que ces données deviennent indispensables pour apprécier le risque de transition, la crédibilité des engagements climatiques et l’orientation des capitaux, leur comparaison reste difficile.


Axylia publie le Score Carbone Finance (SCF), première étude européenne d’évaluation de la maturité du reporting carbone des banques, assureurs et gestionnaires d’actifs. Basé sur le standard international PCAF®, le Score évalue la capacité de chaque institution à produire une information suffisamment complète, robuste et lisible. Ainsi, PCAF® indique ce que les institutions doivent mesurer et publier quand le Score Carbone Finance d’Axylia indique si les informations publiées sont suffisamment complètes, fiables et transparentes, à partir de ce standard commun.


Un travail inédit à l’échelle européenne

Axylia a examiné plus de 16 000 pages de rapports annuels, de durabilité, TCFD et de publications prudentielles publiées par 82 institutions européennes cotées. Les informations utiles sont souvent dispersées dans plusieurs documents, dans des formats difficiles à comparer. Pour les repérer et analyser, Axylia a utilisé l’IA, avec l’aide de Fidestra, pour développer un modèle de langage spécialisé dans le standard PCAF®. Plus de trois mois de travail ont été nécessaires pour fiabiliser l’outil. Celui-ci repère et structure les informations pertinentes, tandis que les analystes d’Axylia vérifient les résultats, corrigent les erreurs et documentent chaque évaluation.


Ce travail d’analyse a permis de construire le SCF. Chaque institution est évaluée selon les mêmes critères : la part des activités considérées, la fiabilité des données, la méthode de calcul utilisée, le niveau de détail publié et le suivi des émissions dans le temps. Les résultats obtenus sont ensuite transformés en une note sur 100.



« Cette étude n’est pas un exercice académique ni un classement destiné à distribuer les bons et les mauvais points. Elle doit aider les institutions financières à comprendre où elles en sont, à identifier les faiblesses de leur reporting et à concentrer leurs efforts sur les données les plus utiles. Notre ambition est de faire du Score Carbone Finance une véritable feuille de route concrète pour améliorer les pratiques, renforcer la transparence et mieux piloter les enjeux climatiques” soulignent Vincent Auriac et Ferdinand Raffy, d’Axylia. 

Banques : un reporting installé, mais encore incomplet

Les banques mesurent leurs émissions financées depuis plus longtemps que les autres acteurs du secteur financier. Le Standard A (émissions liées aux prêts ou investissements) de PCAF existe depuis 2020. Certaines banques européennes disposent ainsi de plus de cinq années d’expérience dans cet exercice. Les sept établissements pionniers obtiennent un Score Carbone Finance moyen de 77/100, contre 51/100 pour tous les autres. 


Le principal angle mort reste néanmoins le Standard B. Seules 54 % des banques concernées publient les émissions liées aux émissions qu’elles intermédient.  BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale ne publient pas encore de données suffisamment complètes sur les émissions associées aux crédits, obtenant une note de 0/100 sur cette partie de l’évaluation, contre 43,6/100 pour les vingt et une autres banques européennes. Cette lacune pèse fortement sur leur classement : BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale occupent respectivement les 31e, 34e et 40e rangs de la catégorie.


L’étude révèle enfin un net écart géographique. Des établissements néerlandais (ABN AMRO et ING), scandinaves (Nordea et Handelsbanken), ou britanniques (Barclays, Lloyds et NatWest) figurent parmi les mieux classés. Beaucoup ont participé à la création de PCAF ou ont été soumis plus tôt à des obligations de reporting climatique (comme les banques britanniques avec un SCF moyen de 66,5/100).


Assurance : deux activités, deux maturités

Les assureurs sont principalement évalués sur les deux grandes dimensions de leur métier : le Standard A, pour les émissions liées à leurs placements financiers et le Standard C, pour les émissions liées aux activités qu’ils assurent.

Au sein du panel européen, les assureurs rendent mieux compte des émissions au titre du standard A (SCF moyen de 59,8/100) que C (SCF de 40,6/100). Cet écart s’explique notamment par l’âge des méthodes : le standard A existe depuis 2020, le standard C depuis 2022 seulement. Les données sont également plus difficiles à collecter pour les activités assurées, qui peuvent couvrir des secteurs et des risques très différents.

L’assureur norvégien Gjensidige obtient 90/100 pour le reporting de ses placements, mais 0/100 pour ses activités d’assurance. À l’inverse, Allianz obtient 100/100, contre 57/100 pour ses placements. Au total, 38 % des assureurs ne publient encore aucune donnée sur les émissions liées aux activités d'assurance.

Les assureurs français obtiennent des résultats inférieurs à leurs pairs européens : 51,5/100, contre 55,6/100 pour le standard A. L’écart est plus marqué pour les activités assurées : 30,8/100 en France, contre 48,7/100. AXA est le français le mieux classé, avec une note globale de 57,7/100 et un score de 61,5/100 pour l’assurance. À l’inverse, SCOR obtient 0/100 sur ce volet, faute de données publiées selon PCAF. 


Gestion d’actifs et holdings : la plus forte dispersion

Pour les gestionnaires d’actifs, la particularité tient au fait que les portefeuilles sont gérés pour des tiers. Lorsqu’ils détiennent une part importante d’une entreprise (et donc exercent une influence économique), ils doivent comptabiliser une part de ses émissions proportionnelle à leur participation au capital. L’application de PCAF® doit ainsi tenir compte de la nature des actifs et du degré de contrôle.


Les gestionnaires spécialisés en actifs cotés obtiennent 49,1/100 en moyenne, aidés par une meilleure disponibilité des données. Les actifs non cotés restent plus difficiles à mesurer, notamment pour les PME qui ne publient pas de données d’émissions. Les holdings affichent 46,8/100 en moyenne, un résultat tiré vers le bas par cinq institutions qui ne publient aucun reporting formalisé compatible avec PCAF®.




 
 
 

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