Dans quels ETF ISR investir ?
- Vincent Auriac
- il y a 6 jours
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Aujourd’hui, de nombreux investisseurs souhaitent donner du sens à leur épargne en soutenant des entreprises engagées dans des démarches sociales, environnementales et responsables. C’est dans ce contexte que les ETF ESG (Environnement, Social et Gouvernance) sont recherchés notamment par les plus jeunes investisseurs, très sensibles à ces sujets.
Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur ce type d’ETF. Qu’est-ce qu’un ETF ESG, comment fonctionne-t-il ? Quels sont ses avantages, et comment choisir les meilleurs pour vos investissements ?
Ne pas confondre ESG et ISR
Ayez en tête une règle simple : tous les ETF ESG ne sont pas ISR mais tous les ETF ISR sont ESG. Mettre le mot ISR dans le nom de l’ETF oblige le gestionnaire à adhérer au label ISR. L'ESG est une démarche. Il n’y a pas de label ESG au sens strict.
Définition des ETF ESG
Les ETF ESG, ou fonds indiciels cotés, intégrant des critères ESG, sont des placements financiers qui combinent performance boursière et prise en compte de la durabilité. À la différence des ETF classiques, ces fonds intègrent une sélection basée sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (appelés critères ESG) pour identifier les acteurs les plus responsables au sein de leurs secteurs respectifs. Ils partagent les qualités des ETF classiques : simples à utiliser, accessibles et dotés d’une bonne diversification.
Les critères ESG
La majorité des ETF ESG utilisent des critères ESG pour trier les entreprises incluses dans leur indice :
• Environnement : gestion des déchets, réduction des émissions de CO2, et prévention des risques environnementaux.
• Social : droits des employés, dialogue social, formation et conditions de travail dans les chaînes de sous-traitance.
• Gouvernance : composition et indépendance des conseils d’administration, gestion des conflits d’intérêts, et contrôle interne.
Les agences spécialisées peuvent utiliser jusqu’à 200 critères ESG. Cela explique qu'un gros pollueur puisse se rattraper sur des critères S et G et ainsi figurer dans un ETF ESG. Les entreprises retenues sont celles obtenant les meilleures notes ESG dans leur secteur (best-in-class). Aucun secteur n’est exclu a priori.
Les limites de la notation ESG ont été documentées par plusieurs chercheurs. Nous leur consacrons un article complet ici.
Les exclusions
Par construction, la notation ESG n’exclut aucune valeur.
Les entreprises actives dans des secteurs jugés controversés, comme les énergies fossiles, l’armement ou le tabac, doivent faire l’objet d’une exclusion pour assurer l’investisseur qui le souhaite de ne pas figurer dans le portefeuille d'un ETF.
L'exclusion peut être sectorielle (alcool, tabac, jeux,...) ou dite normative : les entreprises qui ne respectent pas des normes environnementales, sociales ou éthiques minimales sont écartées (Global Compact, traités internationaux,…).
Des scores de controverse peuvent compléter ces notations. Une controverse désigne un évènement exposant une entreprise à des accusations de comportements négatifs en matière écologique (pollution, déchets, gaspillage, etc.) ou sociale (droits humains, conditions de travail). Les plus graves controverses peuvent aboutir à des exclusions.
Le Label ISR
Ce Label appartient à l’Etat français depuis 2016.
Pour obtenir le label ISR, un fonds doit satisfaire à un cahier des charges d’une cinquantaine de pages structuré autour de 6 grandes thématiques, fixées par un arrêté officiel :
• Objectifs financiers et ESG clairement définis : les ambitions économiques et responsables du fonds doivent être explicitement présentées aux investisseurs et intégrées à sa stratégie d’investissement.
• Analyse et notation ESG : une méthodologie précise doit être appliquée pour évaluer les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises sélectionnées.
• Gestion basée sur les critères ESG : les décisions liées à la composition et à la gestion du portefeuille doivent tenir compte des enjeux ESG tout au long du cycle de vie des investissements.
• Engagement auprès des entreprises : le fonds doit entretenir un dialogue actif avec les entreprises dans lesquelles il investit, notamment en participant aux votes en assemblée générale et en instaurant des discussions sur les enjeux ESG.
• Transparence de gestion : la gestion du fonds doit être claire et accessible, permettant aux investisseurs de comprendre les choix opérés.
• Mesure des impacts positifs : le fonds doit démontrer en quoi sa gestion contribue concrètement à une économie durable et responsable.
Pour obtenir le label ISR, le fonds doit respecter un cahier des charges, déposer un dossier détaillé à un organisme de certification agréé, incluant des informations complètes sur la nature et la composition de son portefeuille. Toutefois, un fonds labellisé ISR possède les mêmes limites que la notation ESG sur laquelle il s’appuie.
La différence entre les ETF ESG et ISR
La distinction réside dans le degré d’exigence, d’exclusion et d’engagement. Les ETF ESG se concentrent souvent seulement sur la notation ESG, sans nécessairement adopter une démarche aussi poussée et les contrôles externes spécifiques des ETF ISR.
Les ETF ESG sont construits à partir de larges indices de marché (MSCI World, S&P500, CAC40) basés principalement sur la seule capitalisation boursière. Des exclusions sectorielles et des notations ESG sont appliquées. De ce fait, les ETF ESG ont des univers plus réduits, souvent moitié moins que les ETF traditionnels.
Les ETF ISR ont des univers encore plus réduits. Depuis janvier 2025, le Label ISR français impose d'exclure les 30% plus mauvaises des notes ESG (20% auparavant) dans chaque secteur et les énergies fossiles (environ 10% des indices). Un ETF ISR exclut donc au moins 40% de la cote.
La diversification inséparable de la performance
La répartition sectorielle diffère nécessairement des ETF classiques. Cela conduit à une sous-pondération dans certains secteurs (énergies fossiles, utilities) et à une surpondération dans d’autres (santé, technologie).
Si à long terme, ces ETF tendent à offrir une performance comparable par rapport aux ETF traditionnels, ils peuvent afficher des différences marquées de performance sur du plus court terme. Ainsi, avec le conflit en Ukraine, les cours des valeurs d’armement ont explosé, creusant un écart significatif de performance au détriment des ETF ESG qui n’en possèdent pas.
Des frais maîtrisés
Comme les autres ETF, les ETF ESG se distinguent par des frais de gestion réduits par rapport aux fonds actifs, jusqu’à 10 fois inférieurs. Cela permet aux investisseurs de bénéficier d’une exposition diversifiée à des actifs ayant une bonne note ESG, tout en optimisant leur rentabilité à long terme.
Les meilleurs ETF ESG
Il est d’usage de trouver des listes des 5 ou 10 meilleurs ETF ESG à détenir.
Les gens qui les conseillent n’en maîtrisent souvent pas la performance tout simplement parce qu’ils n’en connaissent pas la construction et n'ont jamais été gérants. Il en résulte des incompréhensions et des erreurs de prescription.
Si les limites de la notation ESG vous parlent, alors votre recherche mérite d'être étendue au delà de la masse des ETF ESG en examinant la famille moins médiatisée des ETF PAB. Ils feront l'objet d'un prochain article.
Synthèse
En combinant diversification, frais réduits et critères ESG, ces ETF ESG constituent une solution pour ceux qui souhaitent concilier performance financière et signal envoyé aux sociétés cotées et à l’industrie de la gestion d’actifs que les investisseurs sont très attentifs à la durabilité.
Vincent Auriac
Fondateur d'Axylia




